Descente de La vilaine en Stand Up PaddleS GONFLABLES

Guillaume et ses amis font tous les ans un voyage en stand up paddle. Cette année, Guillaume nous embarque dans son aventure en Bretagne sur la descente de la Vilaine "pas si vilaine" nous dit-il !

Descente de La Lesse en Stand Up Paddle compact

Après deux premières micro-aventures en paddle pour descendre la Loire d’Orléans à Angers (aperçu vidéo juste ici) nous décidons pour cette 3eme édition de nous attaquer à la Dordogne.
Mais puisqu’une aventure ne le serait pas sans imprévus, 5 jours avant le départ, Météo-France annonce des orages dans toute la France.
Toute ? Non ! La Bretagne est épargnée des intempéries et nous changeons nos plans au dernier moment. Cette année : nous nous attaquerons à la Vilaine !
C’est armés de nos paddles et tout notre matos Itiwit que nous, une bande de 5 amis au doux nom des “Castors du fleuve”, partons direction Rennes avec en ligne de mire le port de la Roche-Bernard.

JOUR-1

Ça y est, c'est enfin le grand départ de cette troisième édition !

Nous voilà réunis à Rennes aux abords de la Vilaine. Le temps de gonfler nos paddles et de sangler nos sacs étanches, nous voilà prêt à attaquer nos premiers kilomètres.

Notre progression se retrouve vite freinée devant la première des 11 écluses que nous devrons franchir pour arriver à la Roche-Bernard. Heureusement pour nous, l’éclusier nous laisse passer et nous permet de gagner du temps mais aussi et surtout de l’énergie précieuse.

Les écluses suivantes ne se passent pas aussi facilement puisque le passage des paddles est interdit pour des raisons de sécurité, nous devons alors mettre pied à terre, décharger nos paddles et les porter pour les remettre à l’eau. La manœuvre est fastidieuse et entame nos forces dès le début de l’aventure.

Le courant, quasi-inexistant (proche des 0,4 km/h d’après un local) n’aide pas non plus et chaque kilomètre est alors gagné à la force des bras.  Nous commençons à comprendre que ce périple n’aura rien à voir avec les précédents, dans l’un des pires passages de la Vilaine : un canal qui nous semble infini dans lequel des algues s'accrochent à nos pagaies mais aussi aux ailerons.

Heureusement pour notre équipe, arrivée à la troisième écluse nous rencontrons un élu local sur la rive qui après quelques minutes de discussion se donne pour mission de nous aider. Il contacte alors l’ensemble des éclusiers en leur autorisant de nous laisser passer dans les  écluses malgré l’interdiction d'origine pour les pratiquants de paddles !

Regonflés à bloc, nous repartons et apprécions enfin la beauté des écluses qui fonctionnent, pour la plupart, encore à la force des bras de l’éclusier.

Les Bretons que nous croisons en chemin sont majoritairement surpris car pour la grande majorité c’est la première fois qu’ils voient des paddles sur la Vilaine. Les rencontres se font alors au fil de l’eau et nous continuons à avaler les kilomètres dans un paysage de plus en plus sauvage. Les lacets s'enchaînent, les discussions sont toujours aussi vives malgré le soleil déclinant. Après 7h de rame, près de 35kms parcourus et 7 écluses franchies nous décidons de finalement poser notre campement sur la rive à côté d’un élevage bovin.

Jour-2

Le réveil est frais et le soleil est au rendez-vous, la journée commence bien !

Après un rapide petit déjeuner, nous voilà repartis sur nos paddles pour une journée chargée avec 45 kms et 9h de rame au programme avec pour objectif de poser notre deuxième campement aux alentours du village de Langon.

Les premières ampoules commencent déjà à apparaître sur les mains des moins endurcis du groupe, les muscles sont endoloris par cette première journée de reprise mais les coups de pagaies restent toujours dynamiques dans un cadre désormais complètement sauvage.

Après plusieurs heures de rame sous un soleil de plomb, une pause s’impose ! Après un déjeuner vite avalé, le moral des troupes est affecté. Sans courant sur la Vilaine, l’objectif de la journée nous semble irréaliste.

Mais à chaque problème les Castors du fleuve trouvent une solution. C’est en voyant passer l’un des rares bateaux que l’idée nous vient : le prochain, on l’arrête et on lui demande de nous tracter !

C’est comme cela que nous nous retrouvons les uns derrière les autres, reliés par nos leashs, à nous faire tracter par un bateau. Au bout d’une dizaine de kilomètres nous partageons une bière avec l’équipage pour les remercier et nous reprenons notre route. De nouveau à la force de nos bras !  

Après quelques kilomètres de rame nous trouvons l’endroit parfait pour poser nos tentes, comme d’habitude cela sera sur la berge.  Pour cette troisième édition nous commençons à être rodé sur l’installation de nos bivouacs et chacun a son rôle : corvée de bois dans la forêt, montage des tentes, prises de vues pour la vidéo, préparation du dîner...

Comme chaque soir, on débrief de la journée autour d’un camembert rôti sur feu de bois. Un régal !

JOUR-3

Réveil tout en douceur pour l’équipe, nous scrutons le sens et la force du vent sur la rivière, un faible vent d’Est qui nous pousse, un peu, vers notre destination. On avance toujours sur notre rythme de 5 à 6km/h sur nos paddles chargés, les paysages changent et sont de plus en plus sauvages. La Vilaine s'élargit pour nous montrer son plus beau visage.

Nous ne sommes pas les seuls à en profiter, nous croisons sur la route des dizaines de pêcheurs qui profitent du calme des lieux. Nous apercevons même l’un d’eux remonter un “petit” silure d’1m50 après 1h de combat acharné. Nous entendons aussi au loin les cloches de l’église de Brain sur Vilaine qui se fondent dans le silence alentour jusqu’à subitement apparaître au détour d’un énième lacet..

La rivière est lisse et petit à petit le ciel se couvre nous soulageant de la chaleur tenace du soleil. Nous avançons pendant 4 heures sur un bon rythme et le point GPS nous redonne du courage.

Nous avons passé tous les lacets du début de l’itinéraire et avons enfin l’impression d’avoir réellement avancer vers notre objectif. Cela nous donne des ailes et “Redon l'inatteignable” nous semble enfin à bout de pagaie.

Après un déjeuner bien mérité dans une guinguette à 5 kilomètres de Redon, nous repartons confiants et il n’est alors plus question de se faire tracter ! En guise de signe, nous croisons en chemin, le premier bateau à nous avoir tracté qui se fait lui-même remorquer par une péniche. Comme quoi, nous ne sommes pas les seuls à pâtir du manque de courant sur la Vilaine.

Une fois Redon passé, le moral est au beau fixe et nous décidons de ramer le plus tard possible pour avancer un maximum. Il nous reste encore des longues et larges lignes droites à parcourir. Cela nous rappelle les éditions précédentes sur la Loire... le courant en moins !

Les coups de pagaie s'enchaînent pendant toute l’après-midi avec peu de pauses, nous sommes motivés. Nous continuons notre route jusqu’au dîner dans une autre guinguette sur la rive dans laquelle nous réservons notre table en passant devant, depuis sur nos paddles.

Le traditionnel dîner breton galettes-crêpes-cidres nous requinque et nous repartons gaillardement pour 3 heures de rame. La Vilaine se pare alors de ses plus beaux atouts, avec un coucher du soleil qui se reflète sur un plan d’eau qui s’apparente désormais à un miroir. Quel plaisir de ramer sous ces conditions, chacun de nous profite pleinement du spectacle. Sur les coups de 22h30, nous trouvons un coin parfait pour se poser sur la rive. La décision de partir le lendemain matin avec le lever du soleil à 6h motive tout le monde et les “bonne nuit” ne tardent pas à se faire entendre.

jour-4

Le réveil à 5h30 est plus compliqué pour certains que pour d’autres, surtout après les 9 heures de rame de la veille. Le temps d’avaler notre petit déjeuner, de ranger notre bivouac, le soleil se lève et nous voilà repartis pour cette dernière journée de rame.

Nous calculons qu’il nous faudra 4 heures pour rejoindre la Roche-Bernard, notre destination finale. Le vent d’Est est toujours bien orienté pour légèrement nous pousser dans le dos, nous avançons et découvrons un paysage de plus en plus minéral.

Les falaises bretonnes commencent à nous entourer et nous en profitons pour faire notre première baignade dans une eau plutôt chaude. Nous découvrons rapidement les premiers mâts des bateaux en traversant le port de Foleux, aucun doute nous nous rapprochons de l’embouchure ! Cela se confirme quelques kilomètres plus loin en passant sous les deux ponts imposants indiquant l’arrivée de la ville. L’entrée dans la Roche Bernard est majestueuse et nous sommes accueillis par un vieux gréements de deux mâts (le Bora Bora).

Quel plaisir ! À peine accosté, nous allons savourer un café bien mérité sur le port.

Une dernière épreuve nous attend : une fois le matériel rangé nous enchainons les bus et les trains pour revenir chez nous.

Et c’est marqués par ces 4 jours de rame entre amis, ces rencontres avec les éclusiers et les habitants des différents villages bordant la Vilaine que nous nous endormons dans nos lits douillets le dimanche soir.

Rendez-vous l’année prochaine, en espérant que la Dordogne ne nous échappera pas pour cette 4eme édition !

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