LA DESCENTE DU NIL EN STAND UP PADDLE (SUP) GONFLABLE DE RANDONNÉE 12'6 ITIWIT SUR 170 KILOMÈTRES

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"C’était pour moi comme une évidence de descendre le Nil en Stand Up Paddle. J'ai découvert ce mode de déplacement sur l'eau il y a sept ans, lors de mon séjour à Londres. Il faisait six degrés dehors. Mais j’ai vécu avec tellement de plaisir cette expérience de glisser debout sur l’eau que je testais toutes les positions, jusqu’au bain bien sûr, la tête la première. Depuis cette belle fraîche expérience, nous avons créé le club Le Grand Huit qui organise des sorties sur l'eau à Lille mais aussi à Joinville près de Paris, et à Gand pour des groupes. Ce club accueille nombre de débutants qui s’initient ainsi au tourisme lent et, pour les plus gamins d’entre eux, ensuite à la compétition.

Sans être très sportif, je suis donc un rameur confirmé. J'ai été professeur de français en Egypte pendant 2 ans, je parlais l'arabe égyptienne à l'époque. C'est donc tout naturellement que j'ai eu envie de redécouvrir ce pays en descendant le Nil et en allant à la rencontre de ses habitants. J'espère que mon arabe n'est pas trop rouillé depuis le temps."

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Quand faut y aller...

L’Egypte, c’est le Nil. Au milieu d’un désert total se trouve cette étroite langue de verdure fertilisée par l’eau du Nil, quasiment sacrée. Rappelez-vous de vos cours de début de sixième. C’était pour moi comme une évidence de le faire en Stand Up Paddle. Mais ce que je ressens ici au moment de mettre la planche sur l’eau mythique de l’antiquité, c’est …la peur, le trac. Il y a un bon vent de face, du clapot, c’est très très large, j’ai un gros rhume, la peur de l’eau. Pourquoi me suis je lancé dans cette drôle d’idée ?

J’ai pourtant fait le grand canal de Venise, le chenal d’Amsterdam, Dubaï. J’ai déjà manqué d’entrain au moment d’être en slip dehors par zéro degré pour enfiler la combinaison au petit matin d’une glaglarace ou des courses du Nautic à Paris en décembre. Mais là, j’ai peur. Heureusement je ne peux “refuser l’obstacle”. Ce rêve, je vais le faire !

Je commence par Philae près du lac Nasser au début du Nil en Egypte. Puis les ronds dans l’eau de la majestueuse Assouan. Ensuite ce sera le départ pour le vrai périple, sans doute jusque Esna. Ce sera une aventure un peu sportive mais surtout humaine, chez les habitants du bord du Nil. In chah allah !

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Premier jour

Les Dieux sont avec moi ! Le premier jour de mon périple en autonomie est aussi le premier jour avec peu de vent et une belle température toute la journée. Les îles qui apparaissent sur Google map ne sont parfois plus des îles car le niveau de l’eau est bas en hiver. Je dois surveiller la profondeur et, quand il y a du fond, comme l’eau est claire, ça donne un peu le vertige. J’ai bien avancé, environ 29 kms. J'ai partagé mes cacahuètes avec les petits d’une famille qui regardent passer les gros bateaux. Pour ce soir, j’ai trouvé derrière une plantation un joli village de 15 maisons. Tous les enfants du village sont venus en cortège voir ma planche, cachée sous un arbre au bord du Nil. Je suis heureux de trouver ces hôtes car une heure avant le coucher du soleil, je commençais à m’inquiéter un peu, et ne voyais pas de maisons depuis la rive. Depuis 16 heures 30 donc, je vis un sacré ...dépaysement. Heureusement je parle l’arabe égyptien.

2ème jour : Incroyable aventure. Lorsque je suis arrivé à Benban, j’ai repéré une belle maison avec des arbres autour, juste avant l’effervescence du bac et autres bateaux qui traversent le Nil. Je monte vers la maison qui est en fait la mosquée. Le lieu est calme, abrité du vent, mais surtout je suis accueilli et hébergé par le grand cheikh Mahmoud, une sommité en Égypte. Je passe la soirée avec lui et les hommes du village qui viennent lui parler, avec beaucoup de déférence. Nous dînons ensemble assis sur une natte près du feu dans le Diwan, le lieu où est rendue la justice religieuse. J’ai passé Kom Ombo et j’arrive dans le village près de Iqlit.

Chez Ali du village d'Edfou

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Je descends le fleuve mythique de la bible, où Moïse bébé flottant sur son berceau fut recueilli par la fille du Pharaon. La traversée du Nil est le symbole de la vie à la mort. C’est pourquoi, souvent, les cimetières, les célèbres tombes et les pyramides sont sur l’autre rive que celle des habitations des vivants. C’est plus tranquille donc de l’autre côté.

J’ai dormi chez Ali qui habite une maison isolée juste au bord de l’eau, dans une île, en face de la ville d’Edfou. Il a la collection complète des animaux de la ferme dont quatre vaches et même un taureau. Il va une fois par mois vendre ses produits au marché d’Edfou. Comme les deux familles précédentes, il a refusé que je lui « donne quelque chose », même à ma troisième proposition. Les maisons sont plutôt des cours spacieuses où vivent enfants et oncles et tantes. Les murs sont en torchis, le sol en ciment pas bien régulier ou en terre battue.

Je dors bien, sur un banc comme tout le monde, et on me donne toujours une grande couverture fleurie. Jamais de vitre aux fenêtres, à quoi bon. Le repas arrive sur un grand plateau, on mange sur la natte au sol, avec les doigts et surtout les bouts de pain, ou avec une cuillère quand il y a du riz. Et on mange bien ! La fois où j’ai eu la diarrhée était après mon jus de mangue à l’hôtel Movenpick d’Assouan ! Hier j’ai ramé 29 Kms, comme un digne concurrent du Raid des Canaux. Il y a moins de vent et heureusement car le courant est maintenant bien faible.

 

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Sixième jour : Hoch-Edfou

08h15 ce matin. Le Nil est un miroir. Je plonge ma pagaie dans la crème et lui oppose mon corps. Le bras du haut pousse et celui du bas l’aide en tirant. C’est simple, le Paddle. Et c’est beau. La pagaie est devenue mon cinquième membre, inséparable. Je scrute un bel oiseau marron et m’en m’approche quand il déploie et exhibe ses larges ailes bleues lumineuses et prend son envol. Marron et bleu, très chic. Les pêcheurs semblent souvent me regarder comme une apparition divine. Un pharaon de retour. « Sabah el Kher » Matin de bien. Matin de lumière. Matin de jasmin, je réponds. Tout va bien ? Tout va bien ! « Etfaddal » : je t’invite (à prendre un thé, aller chez moi,...) C’est la formule de politesse, amusante quand elle vient d’un homme dans sa barque au milieu du Nil. 

Ce jour, tous les deux kilomètres environ, se trouve une maison verte au dessus de l’eau qui abrite la pompe à eau. Immanquablement sur la maison, se trouvent le drapeau égyptien et le drapeau japonais, pays qui a offert les pompes, qui remplacent avantageusement les norias tirées par une vache ou un chameau comme je les ai connues. ces pompes sont bien pratiques pour me permettre de faire une pause avec un accostage propre. Le bonheur est de pouvoir poser son derrière sur la plate forme de la pompe, et attacher sa planche avec le leash, puis se re-poser au soleil et à l’abri du vent, sans craindre que la vague d’un possible gros bateau promène touristes fasse repartir seule ma planche dans le Nil. Il y a sans doute plus glamour comme lieu de pause mais la pompe est peu bruyante, et salutaire puisqu’elle permet d’éviter le coup de pompe.
 

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Septième jour : Edfou- El bahari

Je prépare ce matin mes affaires, mon sac, mon gilet. Je n’ai pas encore regonflé la planche. A ma surprise, elle est déjà sur l’eau. Ali s’essaye au Stand Up Paddle, il est à genoux, et à l’envers sur la planche. Je lui montre comment se mettre debout et lui propose d’essayer mais il préfère la position à genoux.

Après avoir rusé quelques fois avec des contrôles de police, il me faut de nouveau à Edfou me mobiliser pour une belle progression bien droite, assurée, rapide pour passer le pont et les éventuels bateaux de police l’air de rien, et le plus loin possible. Car non, je n’ai pas d’autorisation. Pas d’interdiction non plus, après tout. Je peux pour le moins dire que j’ai informé des autorités de mon projet, via le bureau de développement touristique. J’ai bien une lettre de soutien de Stéphane Romanet, l’ambassadeur de France, et de Mrs Eman de la Fédération Egyptienne de Canoë-ayak, que je remercie tous deux.

J’ai dormi cette nuit dans un bateau touristique désaffecté. Ce n’est pas mon meilleur souvenir d’Egypte.Le bateau est bien pourri, mais à priori sans puces à bord. Heureusement, les propriétaires m’emmènent dîner chez eux. La maman est bienveillante, ouvre son armoire avec la clé et m’offre ses meilleures barres chocolatées. Je suis adopté. Nous retournons sous le clair de lune à travers la plantation vers le bateau, et je dors bien.
 

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Huitième jour : El Bahari-Esna

Ce jour, j’arriverai à Esna, but de mon périple en Paddle, en autonomie. Ensuite je ferai du Paddle de nouveau, sur place, sur le lac de Philae et à Assouan. Esna est mon objectif car elle a une grosse écluse et les 50 Kms séparant Esna de Louxor seraient plus difficiles à faire sans autorisation. D’ailleurs j’ai déjà fait le plein de beaux moments et paysages. Et j’ai moins peur.
Il y a encore moins de courant bien sûr, avant l’écluse, et je rame maintenant comme sur de l’huile car le vent est faible aussi. C’est beau quand un bateau passe au loin, les vagues sont toutes douces, et j’essaie de surfer sur elles, de rester à la même vitesse. Je regarde sur ma droite avec bonheur les belles ondulations formées, je les laisse parfois me dépasser. 

Je voyage léger, au sens propre et au sens figuré. Je n’ai pas besoin de tente, pas d’aliments sauf des céréales, fruits secs et du chocolat qui constituent souvent mon déjeuner léger de midi. Souvent, des personnes m’offrent de quoi manger aussi le midi, m’offrent un thé, ou me remettent bananes, cane à sucre à sucer. Le thé qu’on m’offre, si je ne précise rien, m’est servi “mazbout”, normal, c’est à dire avec carrément quatre bonnes cuillères de sucre. Je me dis que ça doit être bon pour mon bilan énergétique.  Mon sac arrimé sur l’arrière de la planche est étanche et bien pratique. C’est un petit sac orange qui contient mon duvet et quelques affaires, souvent une bouteille d’eau de réserve. Mais quand on ouvre le sac, on peut déployer un autre plus grand sac noir attaché au premier. Celui dans lequel je peux mettre la planche gonflable repliée, la pompe, et la pagaie en trois parties. 
 

L’arrivée ! 

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C’est l’arrivée à Esna ! Les pêcheurs prennent les selfies historiques avec l’homme qui est venu d’Assouan à la rame. Les sons m’ont encore bercé aujourd’hui et vont me manquer :  Le clapot, les oiseaux, l’âne qui brait, le pêcheur qui tape sur sa barque pour faire fuir les poissons dans le filet, les paysans qui s’appellent dans la plantation. On s’entend bien sur le Nil, même d’une rive à l’autre (700 m). J’ai fait de belles rencontres encore, surprenantes souvent, comme celle d’Amine sur son âne qui a étudié à El Azhar au Caire. Et j’ai décliné beaucoup d’invitations, de thés et de canes à sucre. Les égyptiens rêvent de venir vivre en France, pays de cocagne, où le revenu mensuel moyen est onze fois supérieur à ici, et ne comprennent pas que des français puissent être mécontents. Il fait froid, leur dis je. Pas de souci, me répondent ils, on fera du feu comme ici. Tous les soirs en effet,  on se retrouve autour d’un feu. 

Je suis bluffé par la facilité avec laquelle je rentre depuis Esna : je quitte le bord de l’eau en tuk tuk, puis prends un taxi collectif, avec les femmes d’un coté et les hommes de l’autre, puis suis orienté vers un autre taxi collectif, plus classique. Tout s’organise très vite, car les égyptiens sont nombreux (100 millions d’habitants qui habitent 3 % du territoire) et se déplacent pas mal. Il y a de l’animation avant le départ de notre voiture et après avoir hélé les clients, le chauffeur s’apprête à nous emmener à treize en comptant mon sac considéré pour une personne. Après avoir proposé qu’on mette mon grand sac sur le toit (c’est le même prix), je le place sur le siège du milieu, entre une femme non voilée et moi. Le chauffeur m’indique que ça va mais que je paierai pour trois personnes. Pourquoi pour trois personnes ? Parce-que mon sac au milieu empêche la visibilité  de son rétroviseur central.  Je souris, demande à la jolie dame si je peux m’asseoir à coté d’elle et place le sac à ma place. Les onze clients rigolent. 

 

Le retour en homme du Nil. 

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"Je suis de retour à Lille (comme vous le savez c’est ma résidence secondaire). Des tas de neige sont encore visibles. Je me rapproche de la Grand Place. J’entends déjà la musique et le boucan, sans doute d'une manifestation. Je m’arrête et lis sur linkedin le message d’un ex-collègue  qui m’écrit : « C’est génial de pouvoir réaliser ce rêve surtout dans ce que traverse l’Egypte ». Je lui réponds : « L’Egypte « traverse » pas mal, ce sont plutôt les égyptiens qui s’inquiètent bigrement pour nous ». Je me rapproche du tintamarre ou du « ram dam » (l’expression vient bien sûr du Ramadan), et découvre qu’il s’agit d’un orchestre de cuivres en très grande forme, qui danse et joue les musiques bulgares avec une pêche tzigane. Le public nombreux, souriant, danse aussi. C’est l’équipe bien connue à Lille de la « brigade des tubes ». C’est quand même un joyeux « bordel » chez nous. Mais on a un joyeux pays ! 

Ce voyage a dû me changer. Je dois, du moins ce jour, être plus ouvert aux autres que d’habitude. Comment faire pour faire durer cette période un peu planante, où je suis en acceptation de l’autre, sans juger et catégoriser l’autre au premier coup d’oeil, comme s’il y avait les gens inintéressants et quelques personnes seulement intéressantes ou belles.

La dame à la douce voix Transpole indique « Arrêt Champ de Mars ». C’est chez moi ! Et c’est un coin de paradis. Demain je serai heureux de donner un cours de gyroroue, et de préparer cette nouvelle année avec encore beaucoup de moments de bonheur avec Le Grand Huit : Dont bien sûr du Paddle ici sur La Deûle, avec les hérons que je n’ai toujours pas su filmer."

JEAN-BAPTISTE

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